Livre d'Or
du mariage de  Danièle et Pascal 


Ceci est le Livre d'Or de notre mariage

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masta da great ( ) qui était torturé a laissé ce message le mardi 4 janvier 2005 à 02h21 :

faut pas faire ça...


Raphaël Zacharie de Izarra (email ) a laissé ce message le dimanche 26 décembre 2004 à 20h11 :

- Alphonse -

Depuis toujours je considérais Alphonse comme un pauvre homme plein d'indigences. Lui, gentil, chaleureux, inconscient de l'image qu'il donnait me saluait toujours avec un grand sourire. En répondant à son geste j'affichais en sa direction un sourire tout aussi épanoui que le sien mais pensais tout bas : "pauvre type d'alcoolique, minable, raté, crétin, pauvre abruti d'analphabète, méprisable réceptacle à vinasse !"

Alphonse rendait volontiers service. Je profitais souvent de sa disponibilité d'alcoolique pour lui confier les tâches les plus ingrates. Je décrétais que quelques verres de piquette suffisaient pour le remercier de son dévouement, estimant qu'un semblable abruti ne pouvait que se réjouir de recevoir un tel salaire. Précisons que systématiquement je lavais avec soin son verre après usage, dégoûté par les exhalaisons douteuses de l'individu.

Un jour Alphonse me demanda d'être payé avec de l'argent. Je refusai, objectant que je n'avais pas envie de lui financer son mauvais vin et que de toute façon j'avais l'intention de le payer en nature, ce qui revenait strictement au même. Après une brève réflexion il admis la justesse du raisonnement et exigea alors d'être payé en bouteilles et non plus en verres à consommer sur place. Je lui accordai une bouteille de vin âcre qui traînait dans ma cave.

Par le vin je tenais ce pauvre homme sans défense intellectuelle, le manipulais à ma guise, jouais sur sa pensée malléable, sa volonté sans force... Et je me croyais mieux que lui ! Égoïste, odieux et pervers, au lieu de le sortir de sa fange je l'y enfonçais pour mon plus grand profit. Soudain je me vis dans toute ma hideur. La vraie indigence étant celle de l'âme, le pauvre type, le minable, c'était moi.

Après m'être sérieusement remis en question, je décidai de sortir de sa déchéance celui qui depuis toujours avait été la victime de mes sarcasmes. Le lendemain, résolu à me dévouer entièrement à la noble cause et désireux de réparer les vilenies commises envers ce pauvre diable, je me mis en devoir d'aller lui présenter mes excuses ainsi que mes services. Je frappai à sa porte.

Silence.

D'office je poussai la porte, imaginant naturellement l'hôte des lieux terrassé par l'alcool comme à son habitude. En entrant je reconnus par terre la bouteille offerte la veille, gisant à côté d'une masse informe nommée Alphonse, nez contre le sol... Je retournai le corps de l'ivrogne afin de le réveiller en quelques gifles.

Je le trouvai mort, les yeux ouverts, le regard désespéré.

Raphaël Zacharie de Izarra


Raphaël Zacharie de Izarra (email Page) a laissé ce message le dimanche 14 novembre 2004 à 11h59 :

- Un aristocrate -

A l'époque je m'enlisais dans une joyeuse insouciance, oisif dans le domaine châtelain familial. Tapageur et nonchalant, j’occupais les heures quiètes de mes jours désoeuvrés à rêver, me prélasser, considérer avec minutie les choses et les hommes de ce monde. Je prenais un philosophique plaisir à regarder les autres travailler. Bien que je ne saisisse pas très bien la nécessité de toute cette laborieuse et pénible agitation humaine, je ne manquais cependant pas de me laisser aller à ce sujet à maintes critiques et moult conseils, ce qui avait l'incomparable avantage de remplir agréablement la plus grande partie de mon temps, perpétuellement vacant. Au moins dans le spectacle gratuit et pittoresque du quotidien de mes semblables, je trouvais matière à curiosité, réflexion, méditation...

Je méditais ainsi au bord des champs péniblement labourés par mes gens, au pied de tas de rondins de bois consciencieusement coupés à la force de leurs bras, je méditais partout où mes pas me portaient, où que ce fût sur les vastes terres de mes géniteurs, riches et nobles propriétaires. Je méditais encore sur toutes ces sortes de choses, mollement étendu dans mon lit, le corps à l'abri de tout choc, l'esprit aux antipodes de ce monde qui m'avait vu naître, que j'avais vu grandir de loin en loin... A vrai dire j'ignorais où je me trouvais. Une chose me semblait certaine : j'étais quelque part dans ma tête, égaré dans un recoin cotonneux de mon cerveau prompt à l'imaginaire.

Bref, je menais la vie à la fois complexe, plate, fastueuse et somme toute assez classique d'un jeune aristocrate désoeuvré, nourri jusqu'à la lie de hautains préjugés, de belles théories et de méchantes vanités qui venaient s'ajouter à de multiples mets aussi fins que possibles, plus consistants mais tout aussi délectables, cuisinés avec art (et sur commande) par la domesticité de ses parents, dont une partie était d’ailleurs spécialement déléguée à cette seule charge.

Et puis un jour je fis la connaissance de ma chère cousine, Mademoiselle de la Brissonnière. Comment la décrire? A elle seule c'était tous les anges du Paradis, c'était le Ciel, c'était le Diable. La beauté même... Une peau blanche, des idées noires. Un teint de fée, des doigts défaits. Sorcière et puérile, cruelle et ingénue, elle était irrésistible. Il se déversait de ses yeux clairs toute la noirceur de son coeur d'enfant gâtée. Ses rires aigus faisaient songer à des pépiement d'oiselets qu'on égorge : limpides, frais, purs et odieux. Ses propos inspirés par l'innocence la plus crue m'enchantaient. L'imbécile candeur de ce bourreau d'insectes lui faisait dire mille petits riens charmants. De plus elle singeait le rossignol à merveille. Très vite sa société me devint impérieuse, et je me réjouissais chaque jour à l’idée de la rejoindre, trouvant dans sa compagnie un irremplaçable sujet de distraction. Avec elle les heures semblaient couler plus vite, et l’attente du repas passait au second plan de mes quotidiennes préoccupations.

Très vite je tombai éperdument amoureux de ma cousine.

Un soir j'eus une audace. J'apposai mes lèvres contre les siennes tout en aérant sa gorge. En signe d'amitié ma cousine répondit avec chaleur à l'hommage impie... Depuis ce prime baiser, Mademoiselle ma cousine devint Mademoiselle ma mie. Dans ses bras j'avais trouvé un bonheur inconnu ailleurs, pas même dans mes méditations solitaires.

Elle portait avec grâce les robes que Madame sa mère lui désignait pour ses bals galants. Nous valsions dans les salons, mondains. J'avais la partenaire la plus convoitée de toute la baronnie. Les plus fortunés, les plus illustres, les plus galants de mes ennemis enviaient jusqu'à mon rang modeste, pourvu qu’ils se fussent appropriés mon bonheur.

On la savait muse de bien des poètes, de maints littérateurs féconds, et surtout espoir déçu de simples coeurs épris, rêve brisé d'âmes communes touchées au plus profond d'elles-mêmes et aspirant à s'élever le plus haut possible, sans que cela fût possible : elle savait à merveille faire fondre toute glace autour d'elle, et promptement briser vases, réputations, coeurs. Sans distinction.

Depuis que je connaissais ma cousine je délaissais mes anciennes occupations, tout accaparé par mon bonheur nouveau. Un beau jour je dus répondre de mon passé devant mon aimée :

- Mon cousin, je ne vous connais point de charge, responsabilité ou fonction quelconque justifiées par le nom et le rang auxquels vous avez l’heur d'appartenir. Quelque secrètes que soient vos occupations, je vous prie de ne me laisser plus longtemps dans l'ignorance de vos rentrées pécuniaires. Dévoilez moi les sources de vos affaires car enfin je me meurs d'inquiétude au sujet de vos rentes futures. Monsieur, aurez-vous assez de fortune pour ne pas faillir à mes nécessités ?

- Mademoiselle mon ange, gardez-vous bien de cette espèce de curiosité. Que sert-il aux nantis de mon espèce d'étudier les rouages mystérieux qui les ont placés à la hauteur où ils se trouvent quand on soupçonne tout simplement le Ciel d’être le bienveillant responsable de cette affaire ? En effet, le Seigneur notre Dieu n'a-t-il pas enseigné aux hommes qu’il ne leur fallait point se soucier du lendemain mais plutôt s'en remettre à la divine Providence, lui déléguer avec confiance la charge des vils soucis domestiques ? C'est, Mademoiselle ma mie, à cette très pieuse ligne de conduite que je me suis de tout temps soumis, sans jamais avoir eu à le regretter.

- Mais Monsieur, vos richesses, ces terres sur lesquelles vous errez à cheval, ces forêts où vous courrez après le cerf, ce château où vous demeurez, qui donc à votre place en assure la gestion, qui pourvoit à vos chères futilités s’il ne s’agit, ainsi que je m’en doute, de Monsieur et Madame vos géniteurs ?

- Ma cousine, je ne me suis jamais piqué d'affaires. Ces choses-là ne sont point de mon ressort. Je me suis toujours borné à constater qu’en ce qui me concerne tout a toujours parfaitement fonctionné sur le plan domestique sans que je m'occupe de rien. A partir de là, qu'ai-je besoin de tremper dans des affaires qui offensent ma nature, si rétive à ces détestables activités prosaïques ? Mais pour répondre à votre curiosité, sachez Mademoiselle que, comme vous en avez soupçonné la cause, il me semble bien à moi aussi que mes parents, riches et prospères, sont à l'origine directe de l'aisance matérielle dans laquelle je nage depuis que Madame ma Mère me mis en ce monde par la sainte grâce de Dieu, il y a une trentaine années.

- Mon cousin, vous m'apparaissez aujourd'hui sous un tout autre jour que celui sous lequel il me plut à vous imaginer. Etrange insouciance que la vôtre ! Faisons ici une halte dans le cheminement commun de nos coeurs et dévoilez-moi donc les faits de votre vie passée...

Ainsi j'appris à ma cousine bien-aimée la façon de vivre à laquelle j'avais jusqu'alors été habitué, je lui dis mes convictions, la mis dans la confidence des secrets de mon âme, si nobles et si réfutables cependant... A mesure que je lui parlais, je prenais conscience de mes vanités. Je lui dis tout ce qui se devait d’être dit à mon sujet, sans lui jamais rien cacher de ce que fut ma vie. J'expliquais l'état des choses par les arguments et les certitudes auxquels je m'étais accrochés au fil des ans et des habitudes, et qui étaient évidemment pour la plupart fallacieux.

Après que tout fut dit, Mademoiselle ma cousine fit un bref silence. Ses yeux se remplirent d'une lueur de grande bonté, elle eut un sourire compréhensif -ce qui accessoirement fit naître en moi le désir frivole de lui cracher au visage- et su en un ton spontané et ferme me résoudre à entendre un discours autre que celui que je venais de lui tenir. Et que je me tenais depuis toujours à moi-même, aveugle au monde au-delà des murs du château parental. Ce château qui s’érigeait comme une véritable forteresse face au réel, et ce depuis mon premier souffle...

- Monsieur, vous vous devez de ne rien ignorer des choses du monde que les avantages de votre naissance vous ont épargné. Je me fais aujourd’hui le devoir de porter ces choses à votre connaissance. Dès lors je réponds de votre nouvelle éducation. Considérez-moi comme votre précepteur mon ami.

Quelques temps plus tard le jeune aristocrate décadent que j'étais, livré à lui-même et destiné à une éternelle oisiveté s'était transformé, sous l'amour qu’il portait à sa cousine, en un vaillant et fougueux martyr du travail.

Du lever au coucher du Soleil je courbais le dos (déjà fort meurtri par les cailloux que je plaçais dans ma literie en guise de matelas), l'offrais aux morsures du soleil qui éclairait les terres rocailleuses que je m'étais mis en tête de retourner en été. Ce dos, je l'endurcissais de plus belle en hiver sous un vent de mort qui rendait dure comme la pierre la terre que je m'ingéniais à retourner une seconde fois. Ma pitance se bornait à un méchant guignon de pain noir plus dur que la terre hivernale que je travaillais. Le temps des menus fins était révolu pour moi. J'optais pour les rigueurs d'une vie authentique, saine, naturelle et simple à l'extrême. Parfois, trop affamé, j'avais la faiblesse de me confectionner au fond de mon champ en friches quelque soupe vaseuse vaguement comestible, faite de ronces et de racines. Un vrai festin d'ascète ! Et puis, pris d'un authentique remords d’anachorète, je me faisais vomir, déversant sur mes guenilles cette tiède substance un instant plus tôt ingurgitée, non sans promptement me donner la discipline. Quelques dizaines de coups de lanières reçus sur le dos, lequel était, nous l'avons vu plus haut, déjà en fort piteux état, me ramenaient inexorablement dans le droit chemin. Et j’oubliais bien vite mes soupes de misère improvisées au bord de l’austère sillon.

Un jour ma cousine vint me trouver au fond de mon champ. Sa robe bien propre resplendissait au-dessus du sol fangeux. Cela formait d'ailleurs un contraste inouï avec la nudité de mon corps couvert de boue. Ce corps voué aux extrêmes rigueurs des labeurs agricoles était encore meurtri par diverses blessures dues aux silex que je croisais parfois sur mes terres de labour, aux détours d'âpres sillons...

Le sillon ! Le cher, le saint, le rédempteur sillon, ce trait de terre inopiné creusé à la force du mollet, du bras, de la foi... Cette dernière, si elle ne soulevait pas encore triomphalement la montagne qui me faisait face, du moins soulevait humblement la stérile, revêche terre qui, capricieuse, résistait jusqu'au bout aux assauts de mes muscles éreintés, lesquels s'opposaient, héroïques, à sa texture désespérément compacte. Arrivée à ma hauteur ma tendre cousine me tint ces propos :

- Monsieur mon cousin, ne vous semble-t-il pas que, des leçons que vous avez tirées de mon enseignement sur les choses de la vie vous ayez mis une ardeur, un enthousiasme immodérés propres à faire douter de votre santé mentale ? Ne pensez-vous pas que vous avez des conceptions quelque peu erronées et par trop radicales des choses de la vie ? Car voyez-vous, vos desseins à l’évidence m’échappent. Voilà en effet déjà quatre ou cinq fois que vous retournez ces terres. Et vos idées baroques durent depuis des mois. A quoi voulez-vous en venir à la fin ?

- Non pas quatre ou cinq fois ma bonne mie, mais bel et bien sept fois, croyez-moi !

- Soit. Sept fois. Là n'est pas le propos. De grâce, allez-vous me dire la raison de cette passion effrénée pour les choses de la terre ? Vous vous tuez sous mes yeux à ce travail de forçat aussi pénible qu’inutile puisque vous êtes né riche et que vous mourrez riche... Mais pourquoi donc grand Dieu ?

- Mais pour rien mon Amour.

Raphaël Zacharie de Izarra


Raphaël Zacharie de Izarra (email ) a laissé ce message le lundi 16 aoüt 2004 à 13h04 :

- Fleur de Patate -

On l'appelait "Fleur de Patate". C'était une belle jeune fille aux manières ignobles. Visage de vénusté, corps de statue, Fleur de Patate éructait comme un sanglier, se dégorgeait les boyaux sans façon, se bâfrait en faisant des bruits de coche affamée. Chez Fleur de Patate la hideur des us se conjuguait avec l'éclat le plus pur.

J'aimais Fleur de Patate. Non qu'elle fût belle au point de me faire oublier ses moeurs infâmes, mais elle me faisait rêver avec son chant mélodieux. Sauf qu'elle chantait d'indicibles paillardises (qu'elle composait elle-même). Pour autant, la voix de cristal portait bien au-delà de la fange où son auteur se vautrait : elle pénétrait les âmes, traversait les coeurs, résonnait chez l'auditoire comme une prière. Et si ses chansons heurtaient les sensibilités les moins prudes, les plus aguerries, la façon qu'elle avait de faire vibrer dans l'air le son des mots "couilles", "tripailles" ou "zobinard" avait quelque chose de divin.

La morve, l'excrément, les vomissures, les humeurs les plus répugnantes émanaient quotidiennement de cette Vénus. Ce qui faisait s'interroger les philosophes, douter les amants, médire les laides, mentir les traditions, remettre en question bien des certitudes.

En compagnie de Fleur de Patate -privilégiant son aspect le meilleur- je me sentais au sommet de moi-même. Sa voix m'ouvrait des horizons célestes insoupçonnés. J'écoutais sous les étoiles le chant de la sirène, béat. Et les "couillasseries", les "dégorgeux-du-zob", les "tripaille-moi-la-couillarde" et autres "Alphonse-la-triquaille-à-gueuse" qui sortaient d'une si jolie gorge résonnaient de manière éthéréenne sous les astres.

Mystère insondable de ce monde où la Beauté triomphe de la laideur sous les pires apparences...

Raphaël Zacharie de Izarra


florent (email ) a laissé ce message le vendredi 4 juin 2004 à 13h21 :

Site très sympa..

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Raphaël Zacharie de Izarra (email Page) a laissé ce message le jeudi 19 février 2004 à 23h41 :

L'escarpolette

Elle aimait autant l'escarpolette que son pousseur. Moi, j'aimais la soeur qui s'enfermait dans le grenier avec ses livres. Je poussais la joyeuse tant qu'elle riait, bien que je ne l'aimasse point. Si fort, que je l'envoyai dans les roses.

Ses cris firent sortir la belle de son trou, un Kant à la main. Je lui déclarai ma flamme, tandis qu'elle s'affairait à ôter les épines du séant de sa soeur. Je pus constater combien j'avais raison de ne pas aimer l'infortunée. Sa fesse molle et son teint grossier me firent désirer plus ardemment la belle érudite qui me le rendit bien : une fois extraites les épines du fessier de sa sotte soeur, je l'accompagnai promptement dans le grenier. Après m'avoir vainement proposé de partager ses saines lectures, elle se vit contrainte de délaisser Kant pour une autre affaire.

Je l'engrossai par mégarde.

Fuyant mes responsabilités je demandai bien vite la main de la niaise à l'escarpolette. Dédouané par ce mariage de raison qui me mettait hors de portée de tout courroux, je regrettai cependant de n'avoir pas su préférer en son temps les jeux puérils de l'escarpolette à ceux de la raison kantienne : je me vis condamné à devoir pousser l'écervelée pour le restant de mes jours.

Raphaël Zacharie de Izarra


Raphaël Zacharie de Izarra (email Page) qui était Sarcastique a laissé ce message le vendredi 16 mai 2003 à 02h31 :

(Contre la sclérose des esprits)

Je propose aimablement SIX textes de mon cru pour rompre agréablement avec les mièvres, inconsistantes et insipides célébrations nuptiales habituellement en vigueur chez mes frileux contemporains. Les traditionnelles dragées de mariages ont été ici avantageusement remplacées par de savoureuses sucettes au poivre.

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Titre 1 : Un beau spécimen

Mademoiselle,

Vous avez les grâces douteuses des létales amantes. Votre visage est celui d’une vipère, avec des mèches de feu, du poison dans l’oeil et des lèvres de roc. Votre éclat cruel et macabre enchante mon cœur malade. Je suis l’esthète des causes désespérées, vous êtes mon égérie.

J’aime votre regard de sorcière, vos mains de fillette, votre air de menteuse. J’aime vos prunelles de silex, votre vertu de catin, votre voix de flûte. Vous êtes la plus précieuse ivraie de mon harem.

Votre corps de diablesse m’effraie, votre visage de désincarnée me plaît. Votre charme verdâtre fait honneur aux fantômes des cimetières, rend jalouse la Lune et assoiffe les dieux sanguinaires.

Vous êtes belle à regarder, comme un noir scorpion sur le sable. Votre face osseuse, votre allure éthérée, votre joue pâle me font songer à une inhumée. La dentelle vous pare comme un linceul, les soupirs sont vos sourires, et vos sourires ressemblent à un tombeau.

Je vous aime en véritable collectionneur : avec du formol dans le cœur, un précis de grammaire à la main, de la poussière dans le sang. Permettez que, tout de blanc ganté, un lorgnon à l’oeil, je vous contemple derrière une vitre, tel un insecte vénéneux que transperce une épingle.

Raphaël Zacharie de Izarra

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Titre 2 : Une froide beauté.

Mademoiselle,

Ce soir la Lune est grise, je n'ai plus de chandelle et je trempe ma plume dans la nuit. Mademoiselle, vous êtes ma morte aimée et votre beauté blême flatte mon âme esthète. Ma tête est vide, mon coeur éprouvé, mon corps las, cependant c'est pour vous que sont ces mots, témoignage de ma détresse de sybarite. Ou de l'effet de votre charme cadavérique.

J'aimais vos yeux de noyée, vos joues d'affamée, vos lèvres de vestale, vos questions de femme. J'aimais la pierre gothique de votre coeur chartrain. Enfin j'admirais cette statue inquiète qui me faisait face, médiocre et superbe, modeste et admirable, humble et luxueuse. Comme une poupée de chiffon aux allures de reine, aux haillons de soie.

Votre pauvreté était belle à regarder, et moi je vous contemplais comme une poterie funéraire. Votre visage était tout un musée. Vous étiez une statuette antique, une stèle mortuaire, une figure étrusque. Funèbre et digne. Vous ressembliez indistinctement à une terre cuite ou à une pièce d'argent. Le deuil de vos cheveux blonds, de vos yeux clairs et de votre front impénétrable produisait un effet sépulcral, poétique et marbrier, exhumant de vos traits un charme de pietà. Et cela me réchauffait le coeur.

Votre face de momie était vraiment adorable.

Raphaël Zacharie de Izarra

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Titre 3 : Une conquête littéraire.

Mademoiselle,

Vous avez rejoint la seule étoile de mon Olympe, de ma triste Olympe de pierres et de mélancolie. Mademoiselle, vous êtes une icône parée d'or et couverte d'ombre, un vitrail d'azur tout chargé de plomb, une statue sainte et malheureuse, et ma lyre soupire avec délectation au bord de cette tombe dorée que vous êtes.

Vous êtes belle comme une condamnée. Vos yeux ont les grâces fatales et suprêmes des phtisiques : il y a du Chopin dans votre regard expirant. Votre front pâle me fait songer à Ophélie, la noyée aux allures de naïade. Vos joues creuses et blêmes sont celles d'une morte. Ou d'une ensorcelée. Et le charme qui se dégage de ce cadavre encore chaud, de cette fleur coupée, de ce vivant silex a l'âpreté des grandes croix dressées dans les salles nues. Et l'infini douceur de la rédemption.

Vous êtes un violon brisé, et je perçois l'écho magnifique de votre chant plein de détresse.

Votre beauté est une plante amère dont on tire un suc suave. Elle est désespérée comme le chant dernier du cygne, déchirante comme les cris d'un écorché, héroïque comme un jour sans amour, troublante comme un voile sur une face éplorée... Elle est sèche comme le pain dur dans la bouche du misérable, dure comme les fruits secs du mendiant, âcre comme le vin de l'ascète : votre beauté est un festin bien austère Mademoiselle. Vous êtes une pluie glaciale que recherchent les fronts en fièvre, un désert, une rocaille, un sel qu'affectionnent les âmes exaltées. Seuls les déments, les poètes et les cyniques savent vous apprécier.

Je sais que ces mots cruels que je viens de vous écrire vous feront mal Mademoiselle. Tant pis. Ou plutôt tant mieux, car ils n'en paraîtront que plus beaux sous le voile déformant de vos larmes.

Je vous aime à la manière d'un peintre sans âme, d'un collectionneur sans scrupule, d'un esthète sans coeur, certes. Consolez-vous cependant, car je vous aime aussi de toute ma plume.

Raphaël Zacharie de Izarra

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Titre 4 : Un chardon en fleur.

Mademoiselle,

Vous avez le charme sûr des corbeaux morbides : robe noire et aile rasant la rocaille, oeil de glace et cœur percé. Une chose affreuse pour le commun, un doux présage pour l’esthète. Je suis de vos rares prétendants Mademoiselle. Ce qu’il y a en vous de sinistre plaît à mon cœur.

J’ai toujours préféré les gargouilles aux anges. Votre front est une rosace d’ombres et de plomb, votre regard le reflet triste et beau de votre âme triste et belle, et votre cœur une cloche qui bat. Sourde et muette.

Vous êtes légère comme une tombe, belle ainsi qu’un chant sépulcral, émouvante telle une trépassée. J’embrasse la pierre sur laquelle je bâtirai mon empire de sable et de fumée.

Vous êtes désolée mais glorieuse, pareille à un champ de ruine après la bataille : votre cœur blessé m’agrée singulièrement, votre visage d’affamée m’est aimable, votre voix qui prononce mon nom m’est un chant d’espérance mélancolique et serein.

Vous êtes une brume épaisse, et je suis un vent fou.

Raphaël Zacharie de Izarra
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Titre 5 : Un insecte sous verre.

Mademoiselle,

Vous êtes un marbre taillé à la gloire de mon nom, et sur ce marbre je bâtirai mon empire. Vous êtes belle. Aussi belle que je suis esthète. Vous êtes une Mater Dolorosa, je suis le peintre de votre douleur. Ma plume est sèche, et c'est mon coeur qui parle ici.

Mademoiselle, j'aime votre visage de porcelaine, vos yeux de traquée, vos sourires absents, enfin j'aime vos charmes de gargouille. Je vous aime comme la chartraine que vous êtes, comme l'étrusque que j'ai cru voir sur vos traits, comme la sabine qu'évoquait votre air antique, je vous aime comme le guerrier aime la louve qui l'allaite : avec un coeur épique.

La Lune est à mes pieds, cependant je suis votre serviteur. Je suis romain, je suis empereur, je suis César, vous êtes mes lauriers.

Pâle et lunaire, vous êtes une ombre, un cristal, un caillou, un songe, et moi j'aime singulièrement le chant de votre désespoir.

Mademoiselle, vous êtes belle comme un lointain écho, belle comme un souvenir, belle comme personne. Presque laide.

Raphaël Zacharie de Izarra

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Titre 6 : Belle et macabre crucifiée.

Mademoiselle,

Un fantôme me poursuit. Votre visage de verre et de larmes me hante. La Lune est sur mes pas. Je vous aime Mademoiselle avec un silex dans le coeur, une épine sur le front, une chandelle dans l'oeil. Je ne songe qu'aux statues décrépies qui vous ressemblent, ne vois que votre ombre qui m'est lumière, n'aspire qu'à rejoindre l'astre mort où vous m'attendrez peut-être.

Votre beauté funèbre enchante mon coeur lugubre et esthète. Votre regard grand ouvert est un cercueil de cristal. Votre sourire est un linceul où toute joie s'est éteinte. Votre visage entier est une tombe adorable. Vous êtes une esthétique ensevelie, une exquise gisante, un irrésistible cadavre. Vous êtes belle comme une stèle mortuaire.

Blonde comme l'astre blafard, sublime et pathétique ainsi qu'une mare sous le firmament pleine de vase et d'étoiles, avec votre regard éthéré de spectre, vos doigts de fée et votre charme cadavéreux, vous rivalisez de misère et de grandeur, de détresse et de gloire, de grâce et de désolation avec les monstres de pierre perchés sur les flancs des cathédrales.

J'aime votre beauté de paille, votre âme de feu, votre charme de cendres. J'aime vos yeux de corbeau, vos lèvres de glace, vos cheveux sous la pluie, votre coeur dans les ténèbres. Le gel vous drape de blanc, le vent vous cingle la face et le chant des oiseaux est votre baume.

Vous êtes un bel, un troublant, un émouvant épouvantail.

Raphaël Zacharie de Izarra


choupa choups ( ) qui était Le Doudou a rendez-vous avec la Lune :)) a laissé ce message le jeudi 20 mars 2003 à 15h00 :

divorcez vite


Cristophe (email Page) a laissé ce message le mardi 25 juin 2002 à 15h39 :

J'espere que votre couple durera toujours parceque le mien vient juste de se terminer. Ma femme vient de me quitter pour un autre. Pour me venger j'ai mis toutes les photos de ma femme à poil sur le site amateurs-video


BENBEN ( ) qui était Le Doudou a rendez-vous avec la Lune :)) a laissé ce message le lundi 1 avril 2002 à 13h48 :

SYMPA


Cécile K. Damiani ( Page) a laissé ce message le dimanche 31 mars 2002 à 21h38 :

Sympa ce site sur les mariés


Adoryan (email ) qui était Le Doudou a rendez-vous avec la Lune :)) a laissé ce message le vendredi 25 aoüt 2000 à 01h28 :

Eh bien même si c'est un peu tard je vous souhaites à tous les 2 mes meilleurs voeux de bonheur, tabarnak! ;)

--Adoryan


LE_HLM (email ) qui était et qui est toujours le hasch elle l'aime a laissé ce message le mardi 25 juillet 2000 à 10h47 :

Je soussigné Stéphane Protat vous déclare mes sincères félicitations pour l'acte que vous aller accomplir
C'est vrai quoi !

Félicitations:
A toi Pascal que je connais peu (à qd l'acces Net gratos au Nautilus pour les habitués du chan ?)
A toi Mon croissant de Lune (sacrée Danièle) et ton accent inoubliable :))
Et à toi Danick (embrasse ta maman de ma part !)

Steph


BenBen (email ) qui était la méga patate a laissé ce message le vendredi 21 juillet 2000 à 22h34 :

c super koooooooooooooooool :)

bokoo bokoo bokoo bokoo bokoo bokkooooooo
de bonheur et de pleins de truk bien bien bien
ça me donne envie de me marrier ça mais ché pas ac ki :pp

:))))))))))) a bientot les marriés :)))))))))))))


Nelka- (email ) qui était Le Doudou a rendez-vous avec la Lune :)) a laissé ce message le vendredi 21 juillet 2000 à 22h25 :

je vous souhaite de traverser des annees peuplees de certitude et de joie, c le principal dans la vie, soyez toujours attentifs a l'autre ,le bonheur c ce subtil melange de douceur , d'amour, de communication et de comprehension qui en fait quelque chose d'exceptionnel,DONC soyez heureux ! ;)


huskazan (email ) qui était aux Anges a laissé ce message le mercredi 19 juillet 2000 à 19h51 :

Tous mes meilleurs voeux de bonheurs aux futurs maries,
puissent-ils avoir la vie heureuse qu'ils desirent
et aussi plein d'enfants comme dans les contes.


Sandy (email ) qui était Le Doudou a rendez-vous avec la Lune :)) a laissé ce message le mercredi 19 juillet 2000 à 13h00 :

Le voyage commence, que votre union grandisse dans l'amour et le bonheur
Meilleurs voeux
Sandrine


Vyper- ( ) qui était HYPER SUPER MEGA CONTENT POUR EUX a laissé ce message le mercredi 19 juillet 2000 à 00h35 :

Super et félicitation vous deux....


bloody et virginie (email Page) qui était Le Doudou a rendez-vous avec la Lune :)) a laissé ce message le mardi 18 juillet 2000 à 23h59 :

Et nous c kan kon se marie :o))))

Plein de bonheur à mes témoignés et pleins de petits Irciens à venir :)


strato (email Page) qui était content pour eux (aaaaaaaaaah! l'amour! si mystérieux!) a laissé ce message le mardi 18 juillet 2000 à 22h36 :

pourrait pas être là le 29 (je bosse) STOP
mais husk sera là pour représenter la famille STOP
tout mes voeux de bonheur et euh... toute cette sorte de choses STOP


manue^_^ (email Page) qui était bananesques felicitations a laissé ce message le mardi 18 juillet 2000 à 00h01 :

tous mes voeux de bonheur les plus chers, que votre mariage vous apporte tout ce que vous cherchez depuis le début et que vous avez enfin trouver.

Gros gros bisous
j'espère à bientôt

Emmanuelle


Wolfman (email Page) qui était VIVENT LES MARIES!!!! a laissé ce message le lundi 17 juillet 2000 à 20h45 :

Beaucoup...beaucoup et encore plus de bonheur pour nos mariés de l'An 2000.



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